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Des leviers pour assurer la levée rapide du lin fibre de printemps

Pour implanter le lin fibre de printemps, le lit de semences ne doit pas aller au-delà de 5 cm afin d'assurer une bonne homogénéité du peuplement.

Préparation du sol, profondeur, vitesse de semis : il convient d’être vigilant pour assurer une levée rapide et homogène du lin textile. Cela conditionne le potentiel de rendement et une moindre exposition aux ravageurs comme les altises.

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« Une bonne implantation du lin fibre de printemps nécessite une préparation du sol soignée dans une terre suffisamment ressuyée, même en profondeur, sur 30 cm, insiste Benoît Normand, ingénieur régional pour le lin fibre chez Arvalis. Le taux d’humidité idéal est de 18 % environ. Mieux vaut ne pas démarrer trop tôt même si les conditions sont tentantes. Le lit de semences en surface peut être propice, par contre en profondeur si cela est encore un peu humide, cela va créer des phénomènes de lissage qui pourront être des obstacles à l’enracinement des racines. »

1 600 à 1 800 plantes levées par m²

Une fois les conditions de ressuyage réunies, l’objectif est de viser 1 600 à 1 800 plantes levées par m², soit une densité de semis de 2 000 graines semées par m² en moyenne. La dose varie de 90 à 125 kg/ha selon le PMG de la variété. « Dans les sols argileux ou séchants, les pertes à la levée sont plus importantes, il vaut donc mieux augmenter de 5 à 10 % la densité de semis », explique Benoît Normand.

« Toutefois, avec les printemps de plus en plus séchants, nos essais montrent qu’il ne faut pas trop monter la densité car il y aura beaucoup de concurrence entre les plantes, avec le risque d’avoir des lins trop courts donc difficilement arrachables, poursuit-il. Le maximum est donc 2 200 grains par m². »

Attention aux résidus de culture

Il faudra également s’assurer d’avoir bien géré les résidus de la culture précédente ou de l’interculture. Il convient de les broyer le plus finement possible, surtout s’il y a enfouissement par labour.

« Si des résidus encore trop lignifiés sont enfouis avec la charrue, ils mettront beaucoup plus de temps à se décomposer, ils seront donc consommateurs d’azote et pourront créer des bouchons à l’enracinement de la culture, souligne Benoît Normand. Cela s’observera seulement au moment où les racines atteindront 20 à 30 cm, au stade 10 cm de la culture. »

Lit de semences sur 5 cm

Le lit de semences idéal ne doit pas aller au-delà de 5 cm « car il s’agit d’une graine qui doit lever et germer rapidement pour assurer une bonne homogénéité du peuplement », indique Benoît Normand, qui préconise l’utilisation d’un combiné de préparation de semis puis d’un semoir rotatif pour bien niveler et affiner la terre.

Autre point de vigilance : ne pas dépasser 6-7 km/h pour avoir une régularité de profondeur de semis. « Si le semis est trop rapide, les graines seront à des profondeurs variables avec des stades de développement différents, appuie Benoît Normand. Or tout retard pris au moment de la levée ne sera jamais compensé. Si les conditions sont séchantes, les plantes en retard végétatif ne monteront pas au-delà de 40-50 cm et seront très pauvres en fibres. »

Sol bien rappuyé

Par ailleurs, il convient d’avoir une profondeur de semis de 1 à 2 cm au maximum. Le principal est d’avoir un sol bien rappuyé par les roues plombeuses du semoir pour favoriser le contact terre-graine et une levée rapide. Cette dernière conditionne le potentiel de rendement et le lin sera moins exposé à des problématiques de ravageurs, notamment les altises.

Juste après le semis, un antidicotylédones à base de sulcotrione ou de mésotrione sera appliqué sur le sol. « En cas de problèmes de graminées identifiés dans la parcelle, il est possible d’associer le Colzamid à base de napropamide, à condition de ne pas avoir de pluies importantes dans les jours qui suivent l’implantation. »

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